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L'aviation française

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L'aviation française peut s'enorgueillir de comprendre dans ses rangs une pléiade de pilotes auteurs de vols et d'exploits ayant marqué l'histoire de l'aéronautique. Nombres de vols légendaires, de vols records mondiaux, de vols inauguraux de lignes, l'ont été par des hommes et des femmes formés par les écoles de pilotage de France. Si l'on s'en tient aux célébrités figurant au Panthéon des vols aériens, se détachent des personnalités de caractère audacieux dont les noms et les vols sont restés gravés dans la mémoire collective.

Ainsi en est-il de Jacqueline Auriol, qui a imposé son prénom dans l'aéronautique au lieu de se contenter d'être auréolée de son patronyme qu'elle tient de son beau-père Vincent Auriol, président de la République de 1947 à 1954. Née Jacqueline Douet, le 5 novembre 1917 à Challans, en Vendée, elle suit des études ne la prédisposant pas aux vols aériens. Elle se marie en 1938 avec Paul Auriol et passe en 1948 - son beau-père étant à l'Élysée - ses brevets de vols privés. Victime d'un terrible accident d'hydravion en juillet 1949, alors qu'elle n'est que passagère, elle restera défigurée. Elle se spécialise dans les vols acrobatiques avant de se diriger vers les vols à vocation de records aiguillonnée par la concurrence de l'Américaine Jacqueline Cochran, détentrice du record du monde de vitesse sur 100 km en circuit fermé. Les « 2 Jacqueline » deviendront bientôt amies autant que rivales. Le 11 mai 1951, Jacqueline Auriol s'attaque, après des vols d'essai, au record de l'Américaine. De la base d'Istres à bord d'un avion Vampire, elle couvre un circuit de 100 km en 7 min et 20 sec. À 818 km/h, elle bat le record des vols fermés, ce qui lui offrira une renommée internationale. En 1953, Cochran reprend son bien à plus de 1000 km/h. Deux mois plus tard, Jacqueline Auriol devient la première Européenne à dépasser le mur du son. Aux 1262 km/h de Cochran, atteints en 1955, Auriol réplique par des vols à 1848 km/h puis, en 1961, à 2038 km/h sur son Dassault Mystère IVN, soit deux fois le mur du son (mach 2). Le duel de vols des deux femmes se poursuivra pendant 20 ans. Jacqueline Auriol décède le 11 février 2000 à l'âge de 83 ans, laissant la trace de la plus grande aviatrice de l'histoire.

Les Traversées

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Louis Blériot est l'auteur de la première traversée de la Manche le 25 juillet 1909. Cet ingénieur cambrésien, né en 1872, titulaire du brevet de pilote N° 1 - instauré en 1910 -, constructeur de nombreux modèles d'avions, relève le défi lancé par le Daily Mail consistant à traverser les 39 km séparant Calais de Douvres. Après l'échec de l'Anglais Latham, et avant que le comte russe de Lambert ne s'y essaie, il s'élance de la plage des Baraques (devenue Blériot-Plage depuis) aux commandes de son Blériot XI. 37 min plus tard, il atterrit en Angleterre malgré une blessure au pied et remporte le prix. Il est alors financé pour construire son avion en série afin de réaliser des vols avec passagers. Exploitant sa célébrité, il devient industriel. Sa société Blériot-Aéronautique, peu après son décès, changera de statut et deviendra au fil du temps l'actuelle EADS.

La notoriété de Charles Nungesser repose elle, sur un exploit qu'il n'a pu réussir et qui lui a coûté la vie : la traversée de l'Atlantique Nord sans escale. Baroudeur, Nungesser, né à Valenciennes le 15 mars 1892, s'engage dans l'aviation militaire au début de la guerre. Au cours de ses vols, il remporte au total 43 victoires en combat qui font de lui le second, après René Fonck, en termes de succès. Grièvement blessé lors d'un essai en 1916, il continue la série de ses vols de combat bien qu'hospitalisé entre chacun de ses vols. Il reçoit la Médaille militaire et la Croix de Guerre pour ses exploits lors de ses vols successifs. Après guerre, il monte une école de pilotage à Orly et dirige les premiers vols de l'aviatrice Hélène Boucher. En compagnie de François Coli, il projette de relier Paris à New York sans escale -1er des vols d'une longue série. Suivie par la presse haletante tant sa notoriété est grande, sa réussite est annoncée par le journal La Presse. En réalité, cette tentative d'exploit, sera le dernier des vols de l'as de l'aviation de combat, puisque son avion « l'Oiseau Blanc » disparaît dans l'océan le 8 mai 1927, emportant Nungesser et son compagnon Coli.

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Vols, des histoires de l'aviation

Pilotes

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C'est dans un tout autre domaine de l'aviation que s'est illustré Jean Mermoz - surnommé l'Archange. Né le 9 décembre 1901 dans l'Aisne, Mermoz est la principale figure des vols de l'Aéropostale. Il s'engage dans l'aviation militaire en 1920 et, après avoir échoué deux fois à l'examen, devient pilote et part pour la Syrie où il effectue 600 heures de vol en 18 mois. En 1924, les Lignes aériennes Latécoère l'engagent. Affecté sur la ligne Toulouse-Barcelone, il franchit les Pyrénées, exploit pour l'époque. L'année suivante, il effectue les vols de liaison Barcelone-Malaga, puis achemine le courrier entre Casablanca et Dakar. En 1927, il relie Toulouse à Saint-Louis du Sénégal sans escale sur un « Laté 26 ». Quand la Compagnie Générale Aéropostale prend la suite des Lignes Latécoère, il est envoyé à Rio de Janeiro, au Brésil, pour développer les vols de trafic aérien postal en Amérique du Sud. Au cours d'un de ses vols de traversée des Andes, il doit se poser en montagne et redécolle en lançant son avion dans un précipice afin de gagner en vitesse. Cette performance assure sa célébrité et ses vols ultérieurs seront suivis avec intérêt par le monde de l'aviation. En 1933, un de ses vols retiendra l'attention : il réussit la première liaison entre Paris et Buenos Aires. Entre 1934 et 1936, il effectue 24 vols transatlantiques sur l'hydravion « la Croix du Sud ». Entre temps, Air France est née (1933) et Mermoz en est devenu Inspecteur Général. Lors de sa 25ème traversée, le 7 décembre 1936, et alors que les vols entre l'Europe et l'Amérique du Sud se banalisent, il s'envole avec un équipage de 4 hommes. Un incident mécanique l'oblige à rebrousser chemin dès le décollage. Après réparation, il repart à l'assaut de l'Atlantique sur son quadrimoteur. « Coupons moteur arrière droit » sera le dernier message envoyé par Cruvelhier, son radio. « La Croix du Sud » s'abîme dans l'océan, engloutissant les 5 aviateurs. En souvenir de Mermoz, les pilotes d'Air France porteront une cravate noire pendant des années (elle est aujourd'hui bleue). « J'aimerais ne jamais redescendre » avait dit Mermoz quelques années auparavant.

L'aviation de combat

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Parmi les pionniers des vols aéronautiques, Roland Garros a marqué les débuts de l'aviation de combat. Né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis de la Réunion, le jeune Roland Garros a 4 ans quand son père décide de s'installer en Cochinchine. Alors qu'il n'a que 12 ans, ses parents l'envoient, seul, à Paris au collège Stanislas, puis à Cannes où il pratique le cyclisme avec un certain succès en remportant le titre de champion interscolaire. Vient ensuite le football à Nice. Parallèlement, il obtient un premier prix de piano. Une fois admis à HEC, il se lie d'amitié avec Émile Lesieur, international de rugby, s'inscrit en section rugby au Stade Français et pratique le tennis. Il ouvre alors un commerce florissant d'automobiles et s'intéresse aux vols aériens pendant ses vacances de 1909 à Reims. Il achète son premier avion et apprend à piloter sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux. Il décroche en 1910 son brevet de l'Aéro-Club de France et est engagé pour un meeting aérien à New York. Il participe à une série de vols d'exhibition aux États-Unis et rejoint le Moissant Circus avec lequel il effectue des vols au Mexique et à Cuba. De retour en France, il participe aux courses des vols du circuit européen. Il se tourne alors vers les vols en haute altitude. En 1911 à Cancale, il devient recordman du monde de la spécialité en menant son avion à 3950 m. Il atteint à Tunis 4950 m en 1912, son troisième record. Il s'illustre également en remportant des épreuves de vols aux meetings d'Houlgate et de Vienne, survole le Vésuve et, surtout, réussit en septembre 1913 la première traversée de la Méditerranée en 7 h 53 mn. Parti de Fréjus, il essuie des avaries au large de la Sardaigne, mais parvient à rallier Bizerte, en Tunisie. Son triomphe intervient seulement 4 ans après la première traversée de la Manche et 5 ans avant la traversée de l'Atlantique. En 1914, il participe au troisième meeting de Vienne. La guerre déclarée, il s'engage comme pilote militaire et travaille à la mise au point du premier monoplace armé d'une mitrailleuse avec lequel il remporte 3 victoires aériennes contre l'ennemi. Contraint lors d'un de ses vols à atterrir en territoire occupé, il est fait prisonnier. Il finit, après plusieurs tentatives infructueuses, par s'évader et rejoint l'aviation de combat. Au cours de ses vols, il remporte une ultime victoire le 2 octobre 1918, avant d'être abattu, 3 jours plus tard, par un Fokker allemand dans les Ardennes où il est enterré. Son ami d'HEC, Émile Lesieur, président du Stade Français, décide que le stade du club, dédié aux rencontres de tennis, portera le nom de Roland Garros en souvenir de cet as des vols militaires et civils.

Le nom d'André Turcat est indissociablement lié à l'aventure des vols du Concorde. Né le 23 octobre 1921, ce polytechnicien marseillais obtient son brevet de pilote en 1947. Totalisant au cours de sa carrière 6500 heures de vol, il est, en 1954, le premier Français à franchir le mur du son (vols horizontaux) et met au point le premier système d'atterrissage automatique tout temps. Il bat aussi plusieurs records du monde. En 1962, il rejoint Sud-Aviation et se consacre d'abord à Caravelle, puis au prototype Concorde. De ses vols sur cet appareil commercial supersonique sur lequel il effectuera 720 heures, on retiendra celui, inaugural, effectué depuis la base de Toulouse le 2 mars 1969. Il est aux commandes de l'avion lors du décollage. C'est à nouveau lui qui le pilote, 7 mois plus tard, lorsqu'il franchit le mur du son. Ces vols de Concorde ont un retentissement mondial. André Turcat prend sa retraite en 1976. Il écrira au sujet de son ultime atterrissage : « Quelques minutes de roulage. Moteurs coupés pour le luxe d'achever en silence sur mon erre. Frein de parc serré. Et c'est fini, je n'ai plus le droit d'y toucher ».

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Né à Muret (Haute Garonne) le 2 avril 1841, Clément Ader, issu d'une dynastie de menuisiers, se révèle très jeune doué pour les mathématiques et le dessin. Il suit des études secondaires à Toulouse où il devient bachelier à 15 ans. Ses talents le conduisent à s'intéresser à la mise au point de vélocipèdes, d'un moteur ainsi que d'une machine à poser les rails. Monté à Paris, il se tourne vers la téléphonie et invente le combiné qu'il commercialise avec succès. Attiré par les vols des « plus lourds que l'air », il construit un planeur susceptible de supporter un moteur s'inspirant de la chauve-souris. Il tente alors des vols expérimentaux à partir de prototypes qu'il réalise lui-même. Son premier « avion », l'Éole, est une machine à voilure complexe qu'il expérimente lors de 2 « vols », l'un, le 9 octobre 1890, dans le parc du Château de Gretz-Armainvilliers où les traces laissées sur le sol laissent supposer qu'il s'est élevé sur quelques mètres, l'autre, en 1891, devant des militaires impressionnés par l'engin. L'armée finance ses recherches et après les vols infructueux de son Avion II, il s'emploie à la fabrication de l'Avion III. Sur la base militaire de Satory, ce modèle parvient à décoller sur une courte distance avant de s'écraser sur le sol. Lui revient donc la paternité des premiers vols. Ader décède le 3 mars 1925 à Toulouse.

Les As des As

Né le 24 décembre 1894 à Paris, Georges Guynemer est le plus renommé de tous les as de la Première Guerre bien que ses vols victorieux n'aient pas fait de lui l'as des as en termes de quantité. Sa réputation tient davantage à ses qualités chevaleresques (il épargne l'avion ennemi de l'as allemand Ernst Udet, dont la mitraillette s'est enrayée) et à son courage sans égal à chacun de ses vols qui lui vaudront la Légion d'Honneur, remise à l'âge de 25 ans. Affecté toute sa carrière à l'Escadrille des Cigognes, la plus prestigieuse des Ailes Françaises pour ses si nombreux vols victorieux, il pilote successivement un Morane-Saulnier, un Nieuport et différents types de SPAD, il est abattu par l'aviation allemande lors de 7 vols. Le 11 septembre 1917, il est engagé dans des vols de combat aérien au-dessus de la Belgique. Alors qu'il survole Poelkapelle, il est une nouvelle fois abattu. Ce sera le dernier des vols ayant forgé sa réputation, car il décède dans l'accident. Cette mort glorieuse alimentera largement sa légende et sa devise « Faire Face » sera adoptée par l'école de l'Air de Salon-de-Provence. vols avion Paradoxalement, Antoine de Saint-Exupéry, surnommé Saint-Ex, aviateur militaire, a laissé plus de traces dans la littérature que par ses vols aéronautiques, dans lesquels il puise l'essentiel de son inspiration - hormis pour Le Petit Prince. Les vols d'essais, les vols à but cartographique, les vols de transport postal, les vols de développement de l'Aéropostale en Amérique du Sud - après les vols pionniers de Mermoz - constituent pourtant l'essentiel de son activité. Né fils de vicomte le 29 juin 1900 à Lyon, Saint Ex est élevé dans les châteaux familiaux. Son goût pour les vols aériens se déclare dès ses 15 ans. En janvier 1923, il est affecté comme pilote militaire au Bourget. Trois mois plus tard, il ressort avec une fracture du crâne de son premier accident. D'autres vols calamiteux suivront, faisant douter l'état-major de ses capacités de pilotage. Il rejoint la compagnie Latécoère à Toulouse et ses vols le conduiront à multiplier les voyages entre la France, le Sénégal puis l'Argentine. Homme d'action, il prend parti au début de la guerre 39-45 pour Pétain, puis pour la France Libre de De Gaulle. Basé en Corse, ses vols lui font sillonner la Méditerranée pour le compte de l'armée. De ses derniers vols, l'ultime alimentera un mystère. Alors qu'il s'apprête à survoler les Alpes afin de préparer le débarquement allié en Provence, son avion disparaît le 17 juillet 1944 entre Bastia et le continent. Ce n'est qu'en 1998, qu'un pêcheur ramènera dans ses filets sa gourmette. Plusieurs aviateurs allemands, chargés de vols de combat, avaient prétendu l'avoir abattu, qui au-dessus de la mer, qui en montagne.

Autre écrivain aviateur et homme politique, Pierre Clostermann, né au Brésil le 28 février 1921, est surnommé « l'As des As » de la Seconde Guerre mondiale. Engagé dans les Forces Aériennes Françaises Libres dès 1942, il se signale par des vols destructeurs pour l'ennemi (vols aériens de chasse victorieux, appareils au sol, locomotives, chars et camions). Il sert encore en Algérie (en 1956-57) sur des vols de reconnaissance. Parallèlement, diplômé d'Oxford, il écrit Le Grand Cirque, ouvrage traduit en 30 langues et salué par Faulkner comme le meilleur ouvrage sur la guerre aérienne. Sa carrière s'inscrit aussi dans la politique (il sera député à plusieurs reprises entre 1946 et 1969) au côté du général De Gaulle. De ses vols fameux, on relève la destruction, la dernière année du conflit mondial, d'un sous-marin de 500 tonnes avec l'appui de 2 vedettes lance-torpilles. Cet exploit, digne des plus grands vols militaires, lui vaut d'être proclamé à 24 ans « premier chasseur de France » par le général De Gaulle. Auteur de 293 vols de mission, de 97 vols d'assaut, de 40 vols de chasse défensive, son palmarès de vols sera l'objet d'une polémique dont il sortira blanchi. Pierre Clostermann s'éteint le 22 mars 2006, honoré par ses pairs de vols.

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Mar 16 Mars 2010 - 18h28


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